Proposition de loi ordinaire

Reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre, dans l'exercice de leurs fonctions

1e lecture AN

jeudi 22 janvier 2026

Temps de lecture : 29 minutes

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  • Présidence de M. Christophe Blanchet
    vice-président

  • La séance est ouverte.

  • (La séance est ouverte à vingt et une heures trente.)

  • Reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions

    Suite de la discussion d’une proposition de loi

    L’ordre du jour appelle la suite de la discussion de la proposition de loi visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, dans l’exercice de leurs fonctions (nos 691, 2342).

  • Rappel au règlement

  • Article unique (suite)

  • Rappel au règlement

  • Article unique (suite)

  • Intervenant

    Monsieur le député, je vous rappelle que, lors de vos prises de parole, vous devez défendre les sous-amendements.

  • Intervenant

    Ils ont du mal !

  • Intervenant

    Je préfère le rappeler avant d’en venir à appliquer le règlement.

  • Intervenant

    Vous voulez qu’on parle de quoi, à part de l’usage des armes ?

  • Intervenant

    Monsieur Bernalicis, contestez-vous ma présidence ?

  • Intervenant

    Non, on vous explique !

  • Intervenant

    J’ai compris que vous avez défendu l’existence d’une période probatoire de six mois.
    La parole est à M. Raphaël Arnault, pour soutenir le sous-amendement no 47.

  • Nous voyons bien que certains cherchent à nier l’existence des violences policières, que nous avons maintes fois rappelée. Or, à plusieurs reprises, filmer nous a sauvés de situations graves. Ainsi, en 2016, alors que nous étions tabassés, à la fin d’une manifestation contre la loi « travail »,…

  • Intervenant

    C’est vous qui tabassez !

  • …devant une boulangerie de la place Bellecour, à Lyon, après que la boulangère – une profession que vous citez d’ailleurs régulièrement pour défendre vos horreurs – a sorti son téléphone, on a entendu crier « Ça filme ! Ça filme ! » dans les rangs de la police et les violences que nous étions en train de subir ont cessé. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
    Je sais que nous les avons subies parce que nous militions et que, si j’arrêtais de m’engager politiquement, il est probable que je ne serais plus concerné par de telles violences. Or ce n’est pas le cas de tous les citoyens et toutes les citoyennes de ce pays – une réalité que vous niez.
    Régulièrement, vous vous étonnez qu’existent des refus d’obtempérer. Ils vous paraissent hallucinants. Pourquoi courir, demandez-vous, si l’on n’a rien à se reprocher ? Je vais vous parler d’un copain de foot, Rayan – il se reconnaîtra. Un jour, alors que nous avions 12 ans et étions en cinquième, il est arrivé à l’entraînement en pleurant, la tête boursouflée et avec des difficultés à respirer. Alors qu’il goûtait avec un camarade à côté du stade, il avait été gazé par une équipe de la BAC – brigade anticriminalité – qui passait par là. (Exclamations prolongées sur les bancs du groupe RN.) Allez ensuite lui expliquer qu’il ne doit pas courir quand il voit une voiture de police arriver vers lui ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
    Si vous voulez parler de la police et de la violence, écoutez ce que de nombreux citoyens et citoyennes ont le droit de dire à propos des violences policières ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

  • Intervenant

    Monsieur le député, le sous-amendement visait à compléter l’amendement par les phrases suivantes : « Tout usage de l’arme entraîne un entretien contradictoire associant la hiérarchie, l’inspection compétente et un représentant extérieur qualifié. L’entretien est consigné dans un procès-verbal. » J’ai écouté votre argumentation et, à aucun moment, vous n’avez évoqué ce que je viens de lire. Pour la bonne tenue du débat, je ferai désormais respecter l’obligation de défendre le fond des amendements et sous-amendements.

  • Rappel au règlement

  • Intervenant

    Je ne doute pas de votre sincérité lorsque vous assurez ne pas remettre en cause ma présidence. L’interprétation de l’alinéa que vous avez cité a été évoquée par le bureau. Le mot « question » recouvre aussi les amendements et sous-amendements (« Aussi, pas seulement ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP), et il m’appartient de considérer si cette règle est respectée.

  • Intervenant

    Le règlement, c’est le règlement !

  • Intervenant

    Le règlement, c’est le règlement, et la conférence des présidents est souveraine. Maintenant que je vous ai prévenus, contentez-vous de défendre les sous-amendements.

  • Article unique (suite)

  • Intervenant

    Je rappelle que l’usage du téléphone est interdit.
    La parole est à Mme Andrée Taurinya, pour soutenir le sous-amendement no 51.

  • J’irai dans le même sens que ma collègue Obono : nous n’avons jamais insulté les policiers, c’est un système que nous dénonçons, comme la défense de ce sous-amendement va vous le prouver.
    En effet, porter atteinte à la vie d’autrui est toujours une expérience traumatisante – je pense que tout le monde en sera d’accord –, qui nécessite un suivi post-traumatique. Par conséquent, nous proposons que tout agent qui a usé de son arme à deux reprises en moins de cinq ans soit obligatoirement soumis à une évaluation psychologique. Une telle évaluation nous paraît importante, car le suivi psychologique des policiers est toujours mis sous le tapis.

  • Intervenant

    Celui des députés aussi !

  • Lors de l’examen du texte de réforme de la police, qui est devenu la loi d’orientation et de programmation du ministère de l’intérieur (Lopmi), j’avais défendu un amendement visant à augmenter le nombre de psychologues dans la police, sur lequel je me souviens que le ministre de l’intérieur de l’époque, M. Gérald Darmanin, avait émis un avis défavorable. M’étant rendue récemment dans le commissariat de ma circonscription, j’ai appris qu’il n’y avait qu’un psychologue pour 2 000 policiers, alors même que le taux de suicide dans cette profession est supérieur de 50 % à celui du reste de la population. Il faut donc que les policiers bénéficient d’un suivi psychologique. Tout le monde devrait en convenir, si tout le monde respecte les agents de la police, se soucie de leur santé et de leurs conditions de travail, comme nous nous en soucions. (M. Antoine Léaument applaudit.)

  • Rappel au règlement

  • Intervenant

    La parole est à M. Ugo Bernalicis.

  • Intervenant

    Je demande une suspension de séance de cinq minutes.

  • Suspension et reprise de la séance

  • La séance est suspendue pour une durée de deux minutes. (Protestations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

  • (La séance, suspendue à vingt-deux heures cinq, est reprise à vingt-deux heures sept.)

  • La séance est reprise.
    Ayant entendu les protestations de M. Bernalicis concernant la durée de la suspension de séance, je rappelle que j’applique la même règle lors de chaque journée réservée : les suspensions demandées par un groupe parlementaire sont limitées à deux minutes, ce qui vous convenait lorsqu’il s’agissait de la vôtre.

  • Intervenant

    Le président est juste !

  • Intervenant

    Tous les présidents de séance ne font pas comme vous !

  • Article unique (suite)

  • Demande de vérification du quorum

  • Intervenant

    La parole est à Mme Mathilde Panot.

  • Intervenant

    Nous débattons de sujets très importants dans un hémicycle vide – le groupe parlementaire dont c’est la journée réservée n’est même pas au complet. Au titre de l’article 61, alinéa 4, du règlement de notre assemblée, je demande à vérifier le quorum. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

  • Intervenant

    Ça faisait longtemps ! Mme Panot est spécialiste de l’obstruction !

  • Intervenant

    Après décompte, je constate que la majorité des députés du groupe demandeur est effectivement présente dans l’hémicycle et que le quorum, à savoir la majorité absolue du nombre de députés, n’est pas atteint.
    Conformément à l’article 61 du règlement, aucun vote ne peut avoir lieu dans les quinze minutes.

  • Suspension et reprise de la séance

  • La séance est suspendue.

  • (La séance, suspendue à vingt-deux heures quinze, est reprise à vingt-deux heures trente.)

  • La séance est reprise.

  • Article unique (suite)

  • (L’amendement no 19 est retiré.)

  • Intervenant

    Quel est l’avis de la commission sur les amendements en discussion commune et les sous-amendements ?

  • Intervenant

    J’ai indiqué dans mon propos liminaire mon soutien à l’amendement présenté par le gouvernement, complété par le sous-amendement de coordination que j’ai défendu. Je remercie M. Taverne pour le retrait de son amendement : ses intentions étaient bonnes mais l’amendement du gouvernement semble juridiquement plus sûr. Avis défavorable à tous les autres amendements et sous-amendements.

  • Intervenant

    La parole est à Mme Sandra Regol, suppléant M. Florent Boudié, président de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République.

  • Intervenant

    Je me permets de prendre la parole, à titre exceptionnel – il est tout aussi exceptionnel que je remplace le président de la commission des lois à ce banc. Je comprends qu’il soit compliqué, monsieur le ministre, de discuter avec nous des amendements que vous souhaitez déposer. Nous venons de passer de longues heures à débattre de votre amendement, alors que nous aurions pu mener ce travail en commission, avec tous les chefs de file des groupes politiques qui ont l’habitude de traiter de ces questions. Nous aurions évité ces longues heures de débat que nous nous accorderons tous à qualifier de difficiles, parfois violentes, souvent pénibles. Un échange préalable aurait pu nous épargner un aussi long travail. C’est d’autant plus dommage qu’à entendre les propos que vient de tenir M. Taverne, je pense que certains d’entre nous ont bénéficié de tels échanges pour élaborer une rédaction qui convienne à une partie de l’hémicycle.
    La commission essaie de réaliser un travail sérieux, poussé, et c’est le lieu où peuvent se tenir des débats de fond. Les commissaires aux lois ont tous conscience que ces débats sont compliqués, mais peut-être pourrions-nous à l’avenir éviter d’aussi longues discussions lors de niches parlementaires.

  • Rappels au règlement

  • Intervenant

    La parole est à M. Bastien Lachaud, pour un rappel au règlement.

  • Intervenant

    Sur le fondement de l’article 54, alinéa 5, de notre règlement, qui indique : « Dans l’intérêt du débat, le Président peut autoriser à s’exprimer un nombre d’orateurs supérieur à celui fixé par le présent règlement. » (Vives exclamations sur les bancs du groupe DR.)

  • Intervenant

    C’est à l’appréciation du président !

  • Notre collègue vient de rappeler l’importance d’un sujet où il est question de vies humaines, je voudrais, moi, insister sur le lien entre la police… (Les exclamations persistent sur les bancs du groupe DR.)

  • Intervenant

    S’il vous plaît, on écoute M. Lachaud !

  • Intervenant

    Merci, monsieur le président, de faire cesser ce brouhaha insupportable. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Je ne peux que saluer la sagesse de votre présidence, et je suis donc certain que vous allez agréer ma requête. Il est indispensable que sur un sujet aussi essentiel que le lien entre la police et la population, l’ensemble de l’hémicycle soit éclairé.
    Nous venons d’examiner une vingtaine de sous-amendements à la suite. Il faut que tous les groupes puissent expliquer les raisons de leur vote sur chacun de ces sous-amendements, qui abordent des points très variés, et bénéficient pour cela d’un minimum de deux minutes de temps de parole, mais vous pourriez même aller au-delà. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

  • Intervenant

    Comme vous l’avez cité, l’article 54 dispose que le président « peut autoriser ». S’agissant d’une discussion dans le cadre d’une niche parlementaire, je donnerai la parole à un orateur favorable et un orateur défavorable, comme je le fais lors de chaque journée de cette nature, y compris lors de celle qui vous est réservée – et cela vous convient alors parfaitement.
    La parole est à M. Pouria Amirshahi, pour un rappel au règlement.

  • Intervenant

    Monsieur le président, vous décidez de ne pas utiliser la possibilité de prolonger les explications de vote, nous en prenons acte, mais pourriez-vous nous expliquer pourquoi cet argument d’autorité ?

  • Intervenant

    Parce que c’est une niche parlementaire ! C’est bientôt la vôtre, faites attention !

  • Intervenant

    Je pensais m’en être expliqué. Lors des journées réservées aux groupes parlementaires, j’ai toujours procédé ainsi.
    La parole est à Mme Elsa Faucillon, pour un rappel au règlement.

  • Intervenant

    Je m’étonne aussi de cette décision mais, puisque vous couperez probablement mon micro, je demande une suspension de séance.

  • Intervenant

    Les Français sont témoins !

  • Suspension et reprise de la séance

  • La séance est suspendue.

  • (La séance, suspendue à vingt-deux heures quarante, est reprise à vingt-deux heures quarante-deux.)

  • La séance est reprise.
    La parole est à M. Bastien Lachaud, pour un rappel au règlement.

  • Monsieur le président, sans remettre en cause votre présidence, vous avez indiqué que les journées de niche parlementaire bénéficiaient d’un statut particulier. La niche du groupe Droite républicaine est néanmoins particulière, car ce groupe est majoritaire au Sénat. Si nous adoptons cette proposition de loi, le Sénat pourrait voter le texte en termes identiques et la proposition de loi serait ainsi adoptée, contrairement aux propositions de tous les autres groupes au sein de notre assemblée.

  • Intervenant

    C’est le principe du bicamérisme !

  • Intervenant

    Ce n’est pas un rappel au règlement !

  • À ce titre, il me semble indispensable que l’ensemble des groupes puisse s’exprimer, et cette particularité qui concerne le groupe Droite républicaine doit entraîner une modification de la règle qui, je l’admets, est relativement sage lorsqu’elle s’applique à un autre groupe.

  • Intervenant

    La parole est à M. Benjamin Lucas-Lundy, pour un rappel au règlement.

  • Intervenant

    C’est de l’obstruction !

  • Intervenant

    Sur le fondement de l’article 78 et de l’article 70, alinéa 3, de notre règlement. Lorsque notre collègue Elsa Faucillon a demandé une suspension de séance, des propos menaçants ont été proférés sur les bancs du groupe Rassemblement national, expliquant que les Français étaient témoins, pointant de l’index notre collègue. Je voudrais que cela soit consigné. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

  • Intervenant

    Les débats sont télévisés, les Français en sont bien témoins !

  • Intervenant

    Peut-être qu’à cette heure tardive, les membres du groupe Rassemblement national perdent leurs nerfs et veulent tirer à vue sur des députés qui ne sont pas de leur avis, mais il convient de leur rappeler qu’il n’est pas possible que, dans l’enceinte de l’Assemblée nationale, on menace de façon véhémente une collègue qui demande une suspension de séance et qu’on en vienne à dire que les demandes de suspension de séance pourraient avoir des conséquences sur d’autres activités parlementaires. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et GDR.)

  • Intervenant

    Monsieur Lucas-Lundy, je n’ai pas entendu les propos que vous avez évoqués.

  • Intervenant

    Il s’en fiche !

  • Intervenant

    C’est une manœuvre dilatoire ! C’est un Insoumis qui s’ignore !

  • Intervenant

    Nous examinerons le compte rendu pour déterminer s’il est nécessaire de saisir le bureau de l’Assemblée.

  • Intervenant

    Nos débats sont télévisés ! De quoi se plaint-il ?

  • Intervenant

    Vous avez déjà fait un rappel au règlement à ce sujet. Je fais donc application du règlement et vous retire la parole.

  • Je demande, à titre personnel, une suspension de séance, l’Assemblée pouvant être appelée à se prononcer à ce sujet. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

  • Intervenant

    Le règlement prévoit qu’un député peut demander une suspension de séance. (Exclamations sur les bancs du groupe DR.) Il me revient de consulter l’Assemblée.

  • Je mets donc aux voix la demande de suspension de séance.

  • (Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

  • Voici le résultat du scrutin :
            Nombre de votants                        170
            Nombre de suffrages exprimés                170
            Majorité absolue                        86
                    Pour l’adoption                73
                    Contre                97

  • (La demande de suspension de séance est rejetée.)
    (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)

  • Intervenant

    Je compte bien procéder ainsi.
    La parole est à M. le président Boris Vallaud, pour un rappel au règlement. (« Quel article ? » sur les bancs du groupe RN.)

  • J’ai du mal à saisir s’il s’agit de la niche parlementaire des Républicains ou de celle du Rassemblement national.

  • Intervenant

    Ce n’est pas un rappel au règlement !

  • Je demande une suspension de séance pour que la représentation nationale puisse être éclairée à ce sujet.

  • Intervenant

    Elle est de droit.

  • Suspension et reprise de la séance

  • La séance est suspendue.

  • (La séance, suspendue à vingt-deux heures quarante-huit, est reprise à vingt-deux heures cinquante.)

  • La séance est reprise.
    La parole est à Mme la présidente Cyrielle Chatelain, pour un rappel au règlement.

  • Intervenant

    Le groupe écologiste a déjà fait trois rappels au règlement !

  • Je formule ce rappel au titre de l’article 70, alinéa 3, du règlement. Pendant la suspension de séance, des membres du groupe Rassemblement national ont adressé à un ou plusieurs collègues des injures, provocations ou menaces. (Mme Gabrielle Cathala applaudit. – « C’est faux ! » sur les bancs du groupe RN.)

  • Intervenant

    Nous sommes témoins !

  • Intervenant

    C’étaient des promesses !

  • Intervenant

    C’était hors séance !

  • Plusieurs membres du groupe Rassemblement national nous ont dit en substance qu’ils allaient ruiner la journée de niche parlementaire du groupe Écologiste et social, qui se tiendra prochainement. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)
    Je rappelle aux députés du Rassemblement national que leur collègue Jean-Philippe Tanguy nous avait menacés exactement de la même manière lors de leur niche. Je leur fais la même réponse : le groupe Écologiste et social ne se soumet jamais aux menaces. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Nous défendons nos valeurs et nos électeurs. Nous ne nous résignerons jamais. Vos petites menaces et vos petites manœuvres ne nous font pas peur ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, SOC et GDR.)

  • C’est évidemment le cas. L’article 89, alinéa 4, du règlement énonce : « Les dispositions de l’article 40 de la Constitution peuvent être opposées à tout moment aux propositions de loi et aux amendements, ainsi qu’aux modifications apportées par les commissions aux textes dont elles sont saisies, par le gouvernement ou par tout député. » Je le fais ici moi-même.

  • Intervenant

    Saisissez donc le Conseil constitutionnel une fois que nous aurons adopté le texte !

  • Je poursuis : « L’irrecevabilité est appréciée par le président ou le rapporteur général de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire ou un membre de son bureau désigné à cet effet. »
    La présente proposition de loi vise à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions.

  • Intervenant

    Ce n’est pas un rappel au règlement !

  • Intervenant

    C’est dilatoire !

  • Je me demande si cela ne va pas entraîner des coûts de protection fonctionnelle pour les agents en question, donc une charge supplémentaire pour l’État. J’aimerais que le président de la commission des finances, présent dans l’hémicycle, puisse se prononcer sur la recevabilité financière de ce texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur plusieurs bancs du groupe EcoS.)

  • Intervenant

    J’entends bien, monsieur Lachaud, mais la proposition de loi a été jugée recevable. (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

  • Article unique (suite)

  • Intervenant

    La parole est à M. Éric Pauget.

  • Intervenant

    Le groupe Droite républicaine soutiendra l’amendement du gouvernement,…

  • Intervenant

    Enfin un orateur qui parle du texte !

  • Intervenant

    …qui étend le champ de l’article L. 435-1 du code de la sécurité intérieure, tout en respectant l’intention des auteurs de la présente proposition de loi. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe DR.)

  • Rappels au règlement

  • Intervenant

    La demande étant confirmée par Mme Panot, présidente de votre groupe, j’accorde une suspension de séance de deux minutes.

  • Intervenant

    On s’en contentera, M. Coquerel est très intelligent, il va réfléchir très vite ! S’il avait été macroniste, il lui aurait fallu au moins dix minutes !

  • Suspension et reprise de la séance

  • La séance est suspendue.

  • (La séance, suspendue à vingt-deux heures cinquante-quatre, est reprise à vingt-deux heures cinquante-six.)

  • La séance est reprise.
    La parole est à Mme Dieynaba Diop, pour un rappel au règlement.
    Sur quel fondement le formulez-vous, chère collègue ?

  • Sur le fondement de l’article 100, pour la bonne tenue de nos débats.
    Le président Wauquiez s’offusque quelque peu, semble-t-il, de nos prises de parole. Depuis le début de cette niche, nos rappels au règlement ont dû occuper environ six minutes. (Exclamations sur les bancs du groupe DR.) Puisque vous avez apparemment du mal à l’accepter et que vous avez besoin d’apaiser vos esprits, je demande, au nom du groupe Socialistes et apparentés, une suspension de séance. (M. Pierre Pribetich applaudit.)

  • Intervenant

    Elle est accordée, pour deux minutes.

  • Suspension et reprise de la séance

  • La séance est suspendue.

  • (La séance, suspendue à vingt-deux heures cinquante-sept, est reprise à vingt-deux heures cinquante-neuf.)

  • La séance est reprise.
    La parole est à M. Éric Coquerel, pour un bref rappel au règlement.

  • Intervenant

    Ça fait une heure qu’on l’écoute !

  • Après examen avec mes services, je vous indique que la proposition de loi visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions…

  • Intervenant

    Nous l’examinons depuis un bon moment !

  • …est recevable au regard des dispositions de l’article 40 de la Constitution, dans la mesure où son article unique n’a aucune incidence financière.
    De manière plus générale, comme je l’ai rappelé dans mon rapport d’information, no 1891, sur la recevabilité financière des initiatives parlementaires – je vous invite à le lire –, « les amendements touchant à la matière pénale sont recevables au titre de l’article 40 sauf s’ils ont une incidence financière directe ». En l’espèce, l’incidence financière évoquée est indirecte. La proposition de loi est donc recevable. (Exclamations sur les bancs du groupe DR.)

  • Intervenant

    Tout ça pour ça !

  • Article unique (suite)

  • Intervenant

    La parole est à M. Antoine Léaument.

  • Intervenant

    Il y a maintenant une demi-heure, M. le ministre m’interpellait au sujet des policiers, qui représenteraient 5 % de l’ensemble des fonctionnaires, mais 55 % des sanctionnés.

  • Intervenant

    Ce n’est pas un rappel au règlement !

  • Intervenant

    Non, en effet, j’exprime une position contre l’amendement. Il faut suivre, il n’y a pas que des rappels au règlement ! (Sourires et applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) À ce sujet, monsieur Juvin, l’article 58, alinéa 4, du règlement de l’Assemblée, que vous avez cité, ne peut pas servir de fondement à un rappel au règlement, puisque l’alinéa 2 du même article interdit explicitement le recours à celui-ci pour fonder un rappel au règlement.

  • Intervenant

    Voilà, vous n’y connaissez rien !

  • Intervenant

    Je vous invite à relire le règlement. Je ne le connais pas par cœur, mais presque. (Sourires et applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

  • Intervenant

    Vous êtes un roi de l’obstruction, monsieur Léaument, un obstructeur professionnel, on devrait vous donner un diplôme !

  • Intervenant

    Monsieur le ministre, première erreur, les policiers représentent plutôt 7 % des fonctionnaires. De fait, une antienne du ministère de l’intérieur consiste à affirmer, comme il le fit en 2020 en commission des lois par la voix de votre prédécesseur, que « les policiers représentent 7 % de l’ensemble de la fonction publique, mais font l’objet de 55 % des sanctions prononcées à l’encontre de tous les fonctionnaires. C’est dire à quel point la police et la gendarmerie sont surveillées, contrôlées, inspectées, sanctionnées ». Un tel volume de sanctions pour une si faible part de fonctionnaires, pour ma part je trouverais cela plutôt inquiétant !
    Commentant cette citation du ministère dans un article en ligne, la Revue des droits et libertés fondamentaux commence par lui donner raison : « La proposition est intéressante en ce qu’elle rappelle combien la police est effectivement contrôlée et combien est dénué de vérité l’argument selon lequel les violences policières seraient systématiquement couvertes par les autorités étatiques. » L’article précise cependant aussitôt que cette proposition doit « être nuancée, en rappelant que le ministre répond – et c’est une pratique systématique – à une interpellation sur les violences policières par une réponse évoquant l’ensemble des manquements déontologiques et infractions ayant conduit à sanctionner des agents de la force publique. [Le sociologue Cédric] Moreau de Bellaing a montré que, parmi les fautes susceptibles d’être reprochées à un policier, celles qui donnent lieu systématiquement à des sanctions, disciplinaires et parfois judiciaires sont celles que la hiérarchie considère comme des dévoiements de l’institution policière ; or, les violences illicites qui résultent de l’usage de la force légitime ne sont pas considérées comme telles. » Bref, monsieur le ministre, votre réponse est à côté de la plaque ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

  • Intervenant

    C’est faux !

  • Je mets aux voix l’amendement no 25.

  • (Il est procédé au scrutin.)

  • Voici le résultat du scrutin :
            Nombre de votants                        178
            Nombre de suffrages exprimés                176
            Majorité absolue                        89
                    Pour l’adoption                70
                    Contre                106

  • (L’amendement no 25 n’est pas adopté.)

  • Je mets aux voix le sous-amendement no 54.

  • (Il est procédé au scrutin.)

  • Voici le résultat du scrutin :
            Nombre de votants                        172
            Nombre de suffrages exprimés                166
            Majorité absolue                        84
                    Pour l’adoption                62
                    Contre                104

  • (Le sous-amendement no 54 n’est pas adopté.)
    (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Brouhaha.)

  • Intervenant

    Vous n’avez pas demandé les avis du rapporteur et du ministre !

  • Intervenant

    Ils ont été donnés tout à l’heure.

  • Intervenant

    Il faut les rappeler sur chaque amendement !

  • Je mets aux voix le sous-amendement no 59.

  • (Il est procédé au scrutin.)

  • Voici le résultat du scrutin :
            Nombre de votants                        178
            Nombre de suffrages exprimés                176
            Majorité absolue                        89
                    Pour l’adoption                72
                    Contre                104

  • (Le sous-amendement no 59 n’est pas adopté.)

  • Je mets aux voix le sous-amendement no 62.

  • (Il est procédé au scrutin.)

  • Voici le résultat du scrutin :
            Nombre de votants                        178
            Nombre de suffrages exprimés                178
            Majorité absolue                        90
                    Pour l’adoption                74
                    Contre                104

  • (Le sous-amendement no 62 n’est pas adopté.)

  • Je mets aux voix le sous-amendement no 46.

  • (Il est procédé au scrutin.)

  • Voici le résultat du scrutin :
            Nombre de votants                        172
            Nombre de suffrages exprimés                165
            Majorité absolue                        83
                    Pour l’adoption                59
                    Contre                106

  • (Le sous-amendement no 46 n’est pas adopté.)

  • Je mets aux voix le sous-amendement no 60.

  • (Il est procédé au scrutin.)

  • Voici le résultat du scrutin :
            Nombre de votants                        177
            Nombre de suffrages exprimés                177
            Majorité absolue                        89
                    Pour l’adoption                74
                    Contre                103

  • (Le sous-amendement no 60 n’est pas adopté.)

  • Je mets aux voix le sous-amendement no 43.

  • (Il est procédé au scrutin.)

  • Voici le résultat du scrutin :
            Nombre de votants                        169
            Nombre de suffrages exprimés                164
            Majorité absolue                        83
                    Pour l’adoption                63
                    Contre                101

  • (Le sous-amendement no 43 n’est pas adopté.)

  • Je mets aux voix le sous-amendement no 45.

  • (Il est procédé au scrutin.)

  • Voici le résultat du scrutin :
            Nombre de votants                        168
            Nombre de suffrages exprimés                161
            Majorité absolue                        81
                    Pour l’adoption                60
                    Contre                101

  • (Le sous-amendement no 45 n’est pas adopté.)

  • Je mets aux voix le sous-amendement no 47.

  • (Il est procédé au scrutin.)

  • Voici le résultat du scrutin :
            Nombre de votants                        169
            Nombre de suffrages exprimés                162
            Majorité absolue                        82
                    Pour l’adoption                61
                    Contre                101

  • (Le sous-amendement no 47 n’est pas adopté.)

  • Je mets aux voix le sous-amendement no 48.

  • (Il est procédé au scrutin.)

  • Voici le résultat du scrutin :
            Nombre de votants                        170
            Nombre de suffrages exprimés                163
            Majorité absolue                        82
                    Pour l’adoption                63
                    Contre                100

  • (Le sous-amendement no 48 n’est pas adopté.)

  • Je mets aux voix le sous-amendement no 49.

  • (Il est procédé au scrutin.)

  • Voici le résultat du scrutin :
            Nombre de votants                        172
            Nombre de suffrages exprimés                165
            Majorité absolue                        83
                    Pour l’adoption                63
                    Contre                102

  • (Le sous-amendement no 49 n’est pas adopté.)

  • Je mets aux voix le sous-amendement no 50.

  • (Il est procédé au scrutin.)

  • Voici le résultat du scrutin :
            Nombre de votants                        172
            Nombre de suffrages exprimés                164
            Majorité absolue                        83
                    Pour l’adoption                62
                    Contre                102

  • (Le sous-amendement no 50 n’est pas adopté.)

  • Je mets aux voix le sous-amendement no 51.

  • (Il est procédé au scrutin.)

  • Voici le résultat du scrutin :
            Nombre de votants                        174
            Nombre de suffrages exprimés                166
            Majorité absolue                        84
                    Pour l’adoption                62
                    Contre                104

  • (Le sous-amendement no 51 n’est pas adopté.)

  • Je mets aux voix le sous-amendement no 53.

  • (Il est procédé au scrutin.)

  • Voici le résultat du scrutin :
            Nombre de votants                        170
            Nombre de suffrages exprimés                163
            Majorité absolue                        82
                    Pour l’adoption                62
                    Contre                101

  • (Le sous-amendement no 53 n’est pas adopté.)

  • Je mets aux voix le sous-amendement no 56.

  • (Il est procédé au scrutin.)

  • Voici le résultat du scrutin :
            Nombre de votants                        175
            Nombre de suffrages exprimés                167
            Majorité absolue                        84
                    Pour l’adoption                62
                    Contre                105

  • (Le sous-amendement no 56 n’est pas adopté.)

  • Je mets aux voix le sous-amendement no 57.

  • (Il est procédé au scrutin.)

  • Voici le résultat du scrutin :
            Nombre de votants                        173
            Nombre de suffrages exprimés                165
            Majorité absolue                        83
                    Pour l’adoption                62
                    Contre                103

  • (Le sous-amendement no 57 n’est pas adopté.)

  • Je mets aux voix le sous-amendement no 40.

  • (Il est procédé au scrutin.)

  • Voici le résultat du scrutin :
            Nombre de votants                        172
            Nombre de suffrages exprimés                165
            Majorité absolue                        83
                    Pour l’adoption                59
                    Contre                106

  • (Le sous-amendement no 40 n’est pas adopté.)

  • Je mets aux voix le sous-amendement no 71.

  • (Il est procédé au scrutin.)

  • Voici le résultat du scrutin :
            Nombre de votants                        177
            Nombre de suffrages exprimés                176
            Majorité absolue                        89
                    Pour l’adoption                103
                    Contre                73

  • (Le sous-amendement no 71 est adopté.)
    (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)

  • Je mets aux voix l’amendement no 39, tel qu’il a été sous-amendé.

  • (Il est procédé au scrutin.)

  • Voici le résultat du scrutin :
            Nombre de votants                        177
            Nombre de suffrages exprimés                177
            Majorité absolue                        89
                    Pour l’adoption                103
                    Contre                74

  • (L’amendement no 39, sous-amendé, est adopté ; en conséquence, l’article unique est ainsi rédigé et les amendements suivants tombent.)
    (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)

  • Après l’article unique

  • Rappel au règlement

  • Intervenant

    On m’informe que ce point du règlement ne peut pas être invoqué à ce stade du débat.

  • Intervenant

    Allez, on avance !

  • Intervenant

    La parole est à Mme Elsa Faucillon.

  • Intervenant

    Pour permettre à M. le ministre d’avoir le temps de répondre, je demande une suspension de séance.

  • Suspension et reprise de la séance

  • La séance est suspendue.

  • (La séance, suspendue à vingt-trois heures dix, est reprise à vingt-trois heures treize.)

  • La séance est reprise.

  • Après l’article unique (suite)

  • Intervenant

    La suspension est de droit.

  • Intervenant

    Arrêtez de contester la présidence, c’est insupportable !

  • Suspension et reprise de la séance

  • La séance est suspendue.

  • (La séance, suspendue à vingt-trois heures quatorze, est reprise à vingt-trois heures seize.)

  • La séance est reprise.
    Je vous informe que les groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR ont chacun épuisé leurs deux demandes de suspension de séance. Avançons.

  • Intervenant

    Je voudrais faire un rappel au règlement ! (Protestations sur les bancs des groupes RN et DR.)

  • Au titre de l’article 58, je vous le refuse – vous en avez fait suffisamment. (Brouhaha.)

  • Intervenant

    Il portait sur un sujet qui n’a pas encore été évoqué !

  • Intervenant

    La parole est à M. Roger Vicot, pour soutenir le sous-amendement no 129.

  • Dans le droit fil de l’amendement de M. Coulomme, nous proposons d’améliorer certains aspects de la formation des policiers, notamment en matière de déontologie et de formation au tir. Nous savons que seuls 60 % environ des policiers peuvent suivre le minimum de trois séances de tir annuelles auxquelles ils sont pourtant astreints – ces trois séances représentent déjà très peu pour des personnes qui sont amenées à manier les armes quotidiennement.
    À cette formation au tir déficiente s’ajoute un manque de moyens : lorsque nous avons conduit en 2024, avec Thomas Rudigoz, une mission d’information sur les conséquences de la loi Cazeneuve, plusieurs policiers et représentants syndicaux de la police nous ont expliqué que, dans certaines régions, les policiers sont obligés, s’ils veulent pouvoir effectuer leurs trois séances de tir annuelles, de s’inscrire à leurs frais dans des clubs de tir privés.
    Par conséquent, il importe d’améliorer la formation au tir. Monsieur Coulomme, pourquoi attendre six mois pour que le gouvernement remette au Parlement un rapport sur le sujet ? Il nous paraît essentiel d’obtenir ce rapport plus rapidement, dans les cinq mois qui suivent la promulgation du texte.
    Enfin, la formation à la déontologie mériterait également d’être approfondie. (M. Pierre Pribetich applaudit.)

  • Intervenant

    La parole est à Mme Dieynaba Diop, pour soutenir le sous-amendement no 130.

  • Dans la droite ligne de l’amendement de M. Coulomme, nous voulions insister sur la gestion du stress en situation tendue. Chacun sait que les forces de l’ordre, lorsqu’elles se trouvent confrontées à une situation stressante, peuvent ne pas être capables de la gérer. Nous avons discuté avec plusieurs membres des forces de l’ordre qui ont souligné un problème de formation. La période de formation des gardiens de la paix a d’ailleurs été drastiquement réduite – à peine six mois pour certains, alors que les policiers municipaux peuvent suivre jusqu’à dix-huit mois de formation.
    Compte tenu de ce contexte, il nous paraît fondamental de former les forces de l’ordre à la gestion du stress en situation tendue, afin qu’ils puissent mieux traiter les interventions les plus difficiles et éviter des tirs dommageables, parfois mortels. Tel est l’objet de ce sous-amendement : mieux prendre en compte la gestion du stress, notamment lorsqu’on connaît la lourde charge mentale que doivent supporter les membres des forces de l’ordre.

  • Intervenant

    Implacable !

  • Intervenant

    Quel est l’avis du gouvernement sur ces deux sous-amendements et sur l’amendement ?

  • Intervenant

    Avis défavorable sur les sous-amendements et sur l’amendement. Il existe déjà des formations.
    Cependant, je rappelle la demande que j’ai formulée, alors que je vois des sous-amendements apparaître : je m’oppose, en application de l’article 44, alinéa 2, de la Constitution, à l’examen de tout amendement ou sous-amendement qui n’a pas été soumis antérieurement à la commission. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe DR et sur quelques bancs du groupe RN. – M. le rapporteur applaudit également.)

  • Intervenant

    Monsieur le ministre, je note que vous vous opposez, dans le cadre de l’article 44, alinéa 2, de la Constitution, à l’examen des sous-amendements à l’amendement no 9. Je consulte la commission pour savoir si ces sous-amendements lui ont été soumis.

  • Intervenant

    On a perdu du temps avec la défense de ces sous-amendements !

  • Intervenant

    La parole est à Mme Sandra Regol, suppléant M. le président de la commission des lois.

  • Intervenant

    Monsieur le ministre, je constate effectivement que ces sous-amendements n’ont pas été soumis à la commission. J’estime toutefois que c’est dommage.

  • Intervenant

    C’est la Constitution, on ne vous demande pas de la commenter !

  • Intervenant

    En effet, la question de la formation au tir constitue une demande récurrente des syndicats de policiers. Ces sous-amendements seront donc déclarés irrecevables mais, encore une fois, il est dommage…

  • Intervenant

    Il est plus de 23 heures !

  • Intervenant

    Permettez-moi de finir, monsieur le rapporteur, je ne vous ai pas interrompu ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS. – Mme Dieynaba Diop applaudit également. – Exclamations sur quelques bancs du groupe DR.)

  • Intervenant

    Vous devez juste dire si ces sous-amendements ont été soumis à la commission ou non, on ne vous demande pas votre avis !

  • Intervenant

    Monsieur le président, est-ce que j’ai monopolisé la parole ce soir ?

  • Intervenant

    Poursuivez, madame la vice-présidente.

  • Intervenant

    Chers collègues de la Droite républicaine, je suis en train, au nom de la commission, de déclarer irrecevables les amendements de mes collègues, et vous venez m’agresser ! C’est particulièrement déplacé alors que, jusqu’ici, j’ai fait en sorte que cela se passe plutôt bien sur le banc de la commission ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
    Je me permets simplement un mot pour dire que c’est un sujet important, défendu par les syndicats, et vous vous conduisez ainsi de manière déplacée : merci bien ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS ainsi que sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et SOC.)

  • Intervenant

    Quel est l’avis de la commission sur l’amendement no 9 ?

  • Intervenant

    Avis défavorable.

  • Intervenant

    Ah !

  • Intervenant

    La parole est à M. Ugo Bernalicis.

  • Intervenant

    Parlons un peu des séances de tir. D’ailleurs, si le collègue Taverne veut nous expliquer comment se passe ce type de séance, puisqu’il a été lui-même moniteur de tir, qu’il n’hésite pas ! Il pourra confirmer ou non mes déclarations.
    Les trois séances de tir annuelles s’effectuent dans un stand de tir ; elles comprennent des tirs à cinq et à dix mètres, ainsi qu’un tir en réaction, sur une cible en papier sur laquelle figure une silhouette.

  • Intervenant

    Ne faites pas comme si vous saviez !

  • Intervenant

    Vous devez dégainer et – paf ! – tirer vos trente cartouches.

  • Intervenant

    Trente cartouches, mais bien sûr !

  • Intervenant

    Quel est le rapport entre cet exercice et le fait de réfléchir si, en conditions réelles, quand un véhicule approche et refuse d’obtempérer, j’ai le droit d’utiliser ou pas mon arme ? Ce qu’on déclare être la formation continue passe donc complètement à côté des besoins des policiers sur le terrain. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) S’il s’agit juste de former à la sensation du recul en fonction du type d’arme, super ! Mais s’il s’agit de savoir dans quelles conditions on peut l’utiliser ou pas, c’est nul.
    Pourtant, comme vous le savez, monsieur le ministre, la préfecture de police a développé un autre type de formation : une feuille de papier est posée sur un support, un vidéoprojecteur projette une scène dessus, et on utilise des pistolets qui sont la réplique en airsoft des armes dont sont équipés les policiers.

  • Intervenant

    C’est trop long !

  • Intervenant

    Cette formation produit une vraie mise en situation – la scène projetée montre des individus en mouvement – et on confronte le policier à la question de savoir s’il avait, dans telle ou telle configuration, le droit de tirer ou non – suivant que la personne est de face, de dos, de profil, ou si elle introduit sa main dans sa veste pour en extraire une arme. Cela permet de poser en situation la question de la légitime défense. Eh bien, devinez quoi ? Il ne s’agit pas d’une formation obligatoire pour tous les policiers ! (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes DR et HOR.) C’est simplement un petit plus qu’on trouve à la préfecture de police, parfois en région… (M. le président coupe le micro de l’orateur. – Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

  • Intervenant

    La parole est à M. Xavier Breton.

  • Intervenant

    Simplement pour dire que nous sommes contre cet amendement. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe DR.)

  • Je mets aux voix l’amendement no 9.

  • (Il est procédé au scrutin.)

  • Voici le résultat du scrutin :
            Nombre de votants                        175
            Nombre de suffrages exprimés                174
            Majorité absolue                        88
                    Pour l’adoption                73
                    Contre                101

  • (L’amendement no 9 n’est pas adopté.)

  • Intervenant

    Quel est l’avis de la commission ?

  • Intervenant

    Avis défavorable. Pour toutes les demandes de rapport, je me permets de renvoyer à l’excellent rapport d’information rendu par Thomas Rudigoz et notre collègue Roger Vicot. Il traite de toutes les problématiques abordées ici et j’invite mes collègues de la commission des lois à le relire.

  • Intervenant

    Qu’en pense la présidente de la commission ?

  • Intervenant

    Quel est l’avis du gouvernement ?

  • Intervenant

    Avis défavorable. Les psychologues sont suffisamment nombreux dans la police nationale et un nombre suffisant de rapports ont été produits et publiés pour répondre aux préoccupations de M. le député Bernalicis.

  • Intervenant

    La parole est à Mme Justine Gruet.

  • Intervenant

    Nous sommes défavorables à cet amendement.

  • Intervenant

    Très bien Justine ! Très clair !

  • Intervenant

    La parole est à M. Antoine Léaument.

  • Intervenant

    Je vais tenter de faire changer d’avis mes collègues du groupe Droite républicaine. Je ne comprends pas comment il est possible de s’opposer à cette demande de rapport quand on prétend aimer la police – vous qui ne cessez de faire des leçons aux Insoumis en prétendant qu’ils n’aiment pas la police ni la gendarmerie !
    Permettez-moi de vous lire cet amendement, dans lequel chaque mot compte : « Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le gouvernement remet au Parlement un rapport sur l’accompagnement psychologique des agents ayant été contraints d’employer leur arme. »
    Dans notre rédaction, nous parlons bien des policiers « contraints d’utiliser leur arme. » Depuis tout à l’heure, nous faisons le procès, politiquement légitime, des policiers ayant utilisé leur arme de manière illégitime. Ce rapport, toutefois, ne porte pas sur ce sujet ; il porte sur le cas que vous présentez comme celui qui se présente habituellement, celui où un policier utilise son arme en situation de légitime défense : il fait alors un usage légitime de son arme, parce qu’il a été contraint de le faire. Je ne comprends pas comment on peut prétendre aimer la police, soutenir nos forces de l’ordre – pour m’exprimer comme vous, mais on doit plutôt parler de gardiens et de gardiennes de la paix, comme mon collègue Bernalicis me le rappelle à l’instant, quand on est républicain –, comment l’on peut se dire pleinement derrière nos policiers et nos gendarmes et refuser ces demandes de rapport. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – « Allez, allez ! » sur les bancs du groupe RN.)
    Si vous votez contre ces demandes de rapport, vous aurez fait la démonstration que vous ne voulez pas de moyens supplémentaires pour les policiers – que vous ne voulez notamment pas de psychologues pour venir en aide à ceux qui, parce qu’ils ont été contraints d’utiliser leur arme, souffrent malheureusement de troubles psychologiques. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

  • Intervenant

    C’est scandaleux !

  • Intervenant

    On a déjà tout ce qu’il faut, merci !

  • Je mets aux voix l’amendement no 10.

  • (Il est procédé au scrutin.)

  • Voici le résultat du scrutin :
            Nombre de votants                        175
            Nombre de suffrages exprimés                169
            Majorité absolue                        85
                    Pour l’adoption                65
                    Contre                104

  • (L’amendement no 10 n’est pas adopté.)

  • Intervenant

    La parole est à Mme Cyrielle Chatelain.

  • Intervenant

    Et les avis de la commission et du gouvernement ?

  • Intervenant

    Je soutiens cet amendement, comme tous ceux qui ont été déposés lors de cette séance. Ce texte est en effet d’une grande importance, qui traite de la relation entre la police et les citoyens et qui remet en question des fondamentaux de notre droit – et nous aurions dû légiférer en quelques heures ?

  • Intervenant

    C’est le fond de l’amendement qui nous intéresse !

  • Intervenant

    Il était donc tout à fait normal qu’un grand nombre d’amendements soient déposés.

  • Intervenant

    Vous savez pertinemment qu’il s’agissait d’obstruction !

  • Intervenant

    Il est vrai que les débats se terminent dans une ambiance un peu morose. Nous avons perdu beaucoup de temps, ce matin, à cause des outrances du Rassemblement national. Ses députés ont très clairement fait obstruction lors de cette niche, dans une concurrence un peu pitoyable avec leurs collègues du groupe Droite républicaine – concurrence qui les a conduits, spectacle pathétique, à se livrer à une surenchère d’injures et de violences. («  Oh ! » sur les bancs du groupe RN. )

  • Intervenant

    On est loin de l’amendement !

  • Intervenant

    En cette fin de séance, je m’étonne également de l’absence totale du socle gouvernemental. Chers collègues des Républicains, vous avez reçu assez peu de soutien de la part de vos partenaires de jeu ! On sent une absence extrêmement gênée de nos collègues du Modem ou d’Ensemble pour la République…

  • Intervenant

    Nous les remercions de ne pas faire d’obstruction ! (Sourires.)

  • Intervenant

    …et même des Républicains ! J’aimerais connaître la position d’Ensemble pour la République – ils sont très peu nombreux et ils gardent le silence. Je sais bien que demain sera votée la censure. Toutefois, nous parlons de notre droit, nous parlons de la question fondamentale des relations entre la police et la population – aussi aimerions-nous bien connaître votre position ! Je vois que Gabriel Attal, président du groupe, est présent : peut-être a-t-il un avis sur la question ? Quand on veut devenir président de la République, il me semble que c’est le minimum que de donner son avis sur cette question : la police doit-elle ou non bénéficier d’une présomption de légitime défense ? On ne peut pas se contenter des plateaux de télévision : normalement, c’est dans l’hémicycle que le débat doit se tenir. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC.)

  • Intervenant

    Je vous rappelle que le rapporteur et le ministre ont indiqué tout à l’heure que leur avis était défavorable à toutes les demandes de rapport, raison pour laquelle j’ai donné directement la parole à Mme Chatelain.
    La parole est à M. Xavier Breton.

  • Intervenant

    Nous sommes contre cet amendement. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe DR.)

  • Je mets aux voix l’amendement no 11.

  • (Il est procédé au scrutin.)

  • Voici le résultat du scrutin :
            Nombre de votants                        171
            Nombre de suffrages exprimés                167
            Majorité absolue                        84
                    Pour l’adoption                68
                    Contre                99

  • (L’amendement no 11 n’est pas adopté.)

  • Intervenant

    La parole est à M. le rapporteur.

  • Intervenant

    C’est là exactement, collègue Obono, l’intitulé du rapport rendu par Roger Vicot en mai 2024 : preuve s’il en est que vos demandes de rapport ne sont que de l’obstruction parlementaire ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe DR.)

  • Intervenant

    La parole est à M. Hendrik Davi.

  • Intervenant

    L’usage létal de leur arme est et devrait rester l’ultime recours pour les policiers. La police ne doit jamais se substituer à la justice ; c’est pourtant ce qu’elle fait quand elle tue, et c’est extrêmement grave.
    Nous avons évidemment besoin d’un rapport, car vous entendez faciliter l’usage des armes et les tirs quand nous avons déjà connu trop de drames.
    Je vous le redis solennellement : nous sommes dans un contexte fascisant. Aux États-Unis, Trump crée une police qui tue non seulement les immigrés, mais aussi des personnes en raison de leur orientation sexuelle. Imaginez simplement qu’après le vote de cette loi, on se retrouve dans deux ans avec un gouvernement d’extrême droite : collègues du centre, ce sont peut-être vos proches – peut-être vos enfants – qui seront tués ou maltraités par la police !
    Ils viendraient rejoindre une liste déjà longue. Je voudrais que nous pensions à Jérôme Laronze, 37 ans, agriculteur, tué à Sailly en 2017 ; à Luis Bico, 47 ans, qui souffrait de schizophrénie, tué dans le Loiret, dans sa voiture, en bas de chez lui ; à Aboubacar Fofana, 22 ans, tué en 2018 lors d’un contrôle dans une cité nantaise ; à Romain, 26 ans, tué par balles à Paris, en 2018, après un refus d’obtempérer ; à Olivio Gomes, 28 ans, tué en 2020 à Poissy lors d’un contrôle parce que sa voiture présentait un problème de parallélisme – il avait deux enfants, de 4 ans et de 18 mois. La liste est trop longue pour que je la poursuive. Je ne fais pas cette liste pour stigmatiser les policiers,…

  • Intervenant

    Surtout pas !

  • Intervenant

    …mais pour que vous preniez conscience qu’un jour, ce sera peut-être vous ou vos proches. C’est ce qui se passe aux États-Unis ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe SOC.)

  • Intervenant

    Il faut vraiment les soigner !

  • Intervenant

    Nous ne sommes pas aux États-Unis !

  • Intervenant

    Et ne riez pas, monsieur Attal ! Quand on légifère, on doit vraiment réfléchir.

  • Intervenant

    Mais je ne ris pas, qu’est-ce que vous racontez !

  • Intervenant

    La parole est à M. Xavier Breton.

  • Intervenant

    Nous sommes contre cet amendement.

  • Intervenant

    La parole est à Mme Sandra Regol, suppléant M. le président de la commission des lois.

  • Intervenant

    Je demande une suspension de séance.

  • Suspension et reprise de la séance

  • La séance est suspendue.

  • (La séance, suspendue à vingt-trois heures quarante-trois, est reprise à vingt-trois heures quarante-cinq.)

  • La séance est reprise.
    Je mets aux voix l’amendement no 12.

  • (Il est procédé au scrutin.)

  • Voici le résultat du scrutin :
            Nombre de votants                        165
            Nombre de suffrages exprimés                164
            Majorité absolue                        83
                    Pour l’adoption                70
                    Contre                94

  • (L’amendement no 12 n’est pas adopté.)

  • Intervenant

    Quel est l’avis de la commission ?

  • Intervenant

    Avis défavorable.

  • Intervenant

    Quel est l’avis du gouvernement ?

  • Intervenant

    Avis défavorable. Vous savez très bien, monsieur le député, que toutes ces choses existent. Je vous rappelle que nous sommes très régulièrement entendus devant le Parlement, où nous pouvons rendre compte des actions menées. (Plusieurs députés des groupes LFI-NFP et EcoS protestent.)

  • Intervenant

    Il ne se lève même plus !

  • Intervenant

    La parole est à M. Antoine Léaument.

  • Intervenant

    Encore heureux que les ministres puissent être entendus régulièrement devant le Parlement, auquel ils demandent normalement la confiance. Nous verrons demain si vous avez ou non la confiance de notre assemblée.

  • Intervenant

    On ne va pas s’associer à vous, ça, c’est sûr !

  • Intervenant

    Je souhaite rebondir sur l’amendement brillamment défendu par notre collègue Amirshahi, qui évoque les capacités d’intervention des forces de police. J’essaierai d’élever notre débat en vous demandant d’élever vos regards vers les deux statues face à vous : à votre gauche, la statue de la liberté ; à votre droite, la statue de l’ordre public. Elles ont précisément été placées ici pour nous inciter à rechercher un équilibre permanent entre les libertés et l’ordre public – tel est notre rôle en tant que législateur. (« Eh oui ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
    Car les libertés seules, selon ceux qui ont placé ces statues ici, distilleraient l’anarchie – un mode de gouvernement qui peut cependant être légitime, c’est pourquoi, pour ma part, je préfère parler de chaos. Quant à l’ordre public seul, ce serait la dictature.
    Je ramènerai nos débats à ceux du 5 décembre 1790, lors desquels Maximilien Robespierre a inventé la devise Liberté, Égalité, Fraternité. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) C’est en effet par lui que la devise placée au fronton de nos écoles et de nos mairies a été proposée pour la première fois dans notre glorieuse assemblée nationale.

  • Intervenant

    C’est vrai que c’était un homme de bien, Robespierre !

  • Intervenant

    Pourquoi Maximilien Robespierre en a-t-il parlé dans un discours sur les gardes nationales ? Parce que le sujet était l’armement du pouvoir exécutif et que la question portait sur l’armement du peuple lui-même. Robespierre défendait l’idée que le peuple devait être en armes pour pouvoir se défendre contre un pouvoir exécutif au pouvoir exorbitant.

  • Intervenant

    Vous glorifiez un criminel, un terroriste !

  • Intervenant

    C’est vrai que la police, du temps de Robespierre, a fait des choses sympas !

  • Intervenant

    De notre côté, vous l’aurez remarqué, nous affirmons que personne ne doit être armé – en tout cas le moins possible –, raison pour laquelle nous proposons, dans la gestion du maintien de l’ordre en manifestation, le désarmement de la police afin que… (M. le président coupe le micro de l’orateur. – Quelques députés du groupe LFI-NFP applaudissent ce dernier.)

  • Intervenant

    La parole est à M. Laurent Wauquiez.

  • Intervenant

    À l’issue d’une journée dont on peut considérer qu’elle aura été sportive, nous sommes parvenus à faire voter deux résolutions. L’une aura mis un taquet d’arrêt au travail de l’entrisme islamiste, l’autre à la bureaucratie… (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

  • Intervenant

    Attendez deux secondes, monsieur le président. (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

  • Intervenant

    Cette intervention n’a rien à voir avec l’amendement, monsieur le président ! Vous nous avez fait ce reproche tout à l’heure !

  • Intervenant

    Oui, mais je vous ai laissés parler et je vous ai redonné la parole. Nous allons donc maintenant écouter le président Wauquiez, dont c’est aujourd’hui la niche. Sachons tous faire preuve d’un peu de respect ! (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)

  • Intervenant

    Nous aurons eu droit jusqu’au bout à ce cinéma (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP) – mais les Français jugeront.
    Nous avons donc réussi à mettre un taquet d’arrêt à l’explosion de la dépense publique et de la bureaucratie administrative. Mais, dans le même temps, nous avons assisté à des comportements qui ne font pas honneur à la démocratie. Cinq heures ce matin pour voir la France insoumise défendre les Frères musulmans ! (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
    Cet après-midi, alors même que les policiers et les gendarmes attendaient des paroles de soutien, des députés, sans la moindre honte, ont osé dire que la police tuait, ont osé affirmer de façon totalement fausse que des violences seraient commises par des policiers et des gendarmes (Applaudissements sur les bancs du groupe DR. – M. Gabriel Attal applaudit également), sans même parler un seul instant ni des trafiquants de drogue, ni des délinquants, ni des casseurs, dans un pays où, chaque jour, vingt-cinq policiers et gendarmes font l’objet d’agressions.
    À cause de cette obstruction, nous n’avons pas pu parler de la France qui travaille (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP), de la libération de la participation et de l’intéressement, et de la continuité du service public.
    Vous avez fait le choix de trahir les valeurs de la laïcité,…

  • Intervenant

    C’est vous qui parlez de laïcité !

  • Intervenant

    …les valeurs de la sécurité que même Jaurès défendait. Nous avions fait le choix de défendre ici les valeurs de la République. J’ai noté malgré tout que vous considériez ce débat comme très important. Je vais donc demander au ministre qu’il reprenne dans l’ordre du jour du gouvernement le travail qui a été fait par les députés de la Droite républicaine (Applaudissements sur les bancs du groupe DR et sur quelques bancs du groupe RN. – M. Gabriel Attal applaudit également) pour qu’il puisse y être mis un point final, et que les policiers et les gendarmes voient qui les défend ici, et qui les trahit. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)

  • Intervenant

    Et aussi le texte sur le 1er mai !

  • Je mets aux voix l’amendement no 29.

  • (Il est procédé au scrutin.)

  • Voici le résultat du scrutin :
            Nombre de votants                        166
            Nombre de suffrages exprimés                165
            Majorité absolue                        83
                    Pour l’adoption                70
                    Contre                95

  • (L’amendement no 29 n’est pas adopté.)

  • Intervenant

    Quel est l’avis de la commission ?

  • Intervenant

    Mon avis est évidemment défavorable. Comme à son habitude, aux alentours de 23 h 55, monsieur Lucas-Lundy nous professe sa leçon de morale. Ce qui est répugnant, ce sont les propos qui ont été tenus toute la journée par vos camarades d’extrême gauche contre les forces de l’ordre !
    Toute la journée, vous avez insulté, diffamé, souillé ces hommes et ces femmes qui nous défendent et qui défendent les citoyens français ! Ça, c’est répugnant, monsieur Lucas-Lundy, ayez honte ! (Les députés du groupe DR se lèvent et applaudissent. – Les députés des groupes RN, EPR, Dem, HOR et UDR applaudissent également.)

  • Intervenant

    Quel est l’avis du gouvernement ?

  • Intervenant

    J’ai été mis en cause personnellement !

  • Intervenant

    On écoute M. le ministre !

  • Intervenant

    Le respect, vous connaissez ?

  • Intervenant

    Je constate que nous ne pourrons pas terminer l’examen de ce texte. L’amendement que j’ai déposé au nom du gouvernement se voulait une disposition d’équilibre.

  • Intervenant

    Cela n’a aucun rapport avec mon amendement.

  • Intervenant

    Pas un mot pour les agriculteurs victimes de violences !

  • Intervenant

    Je vais vous répondre sur Mantes-la-Jolie – et vous n’allez pas être déçus. (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
    L’amendement du gouvernement s’inspirait d’un texte de Bernard Cazeneuve et ne modifiait aucun cas d’usage.

  • Intervenant

    Oui, oui, c’est bon !

  • Intervenant

    Il visait à créer une présomption qui pouvait être levée très facilement. Sur les bancs de la France insoumise, vous avez choisi de faire de l’obstruction. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.) Pour cela, vous avez déposé des sous-amendements…

  • Intervenant

    Nous sommes des parlementaires !

  • Intervenant

    …et pris du temps de parole, exploité pour traîner dans la boue les policiers et les gendarmes, les accuser d’être racistes, d’être violents et de tuer. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN, EPR, DR, Dem, HOR et UDR.)
    Vous vous êtes servi de nos forces de sécurité intérieure comme d’otages, uniquement pour faire de l’obstruction.

  • Intervenant

    Vous êtes ici pour rendre des comptes !

  • Intervenant

    Monsieur le député, vous avez parlé des événements de Mantes-la-Jolie en 2018. En effet, quinze policiers ont interpellé plus d’une centaine de jeunes et ont utilisé une technique très classique dans la police nationale (Protestations que les bancs des groupes LFI-NFP, EcoS et GDR), celle que vous avez décrite – une pratique parfaitement reconnue. Ce qui m’inquiète avec vous, c’est que vous taxez les policiers de violence dans des cas où ils font un usage réglementaire de la force…

  • Intervenant

    Vous êtes des complices !

  • Intervenant

    …et que vous déniez aux forces de sécurité intérieure leurs prérogatives et la possibilité qui leur est accordée de faire usage de la force. Votre vraie doctrine est celle-là : désarmer la police. Vous aurez toujours en face de vous le ministre de l’intérieur que je suis.

  • Intervenant

    Vous êtes la honte du corps préfectoral !

  • Intervenant

    On vote !

  • Intervenant

    J’ai bien entendu les propos du président Wauquiez, et je peux vous dire que nous n’en resterons évidemment pas là sur un texte ayant l’approbation du gouvernement et recueillant l’assentiment de l’ensemble des organisations syndicales de la police nationale. (Les députés des groupes EPR et DR se lèvent pour applaudir.)

  • Intervenant

    Vous êtes la honte de la République !

  • Intervenant

    La parole est à M. Benjamin Lucas-Lundy.

  • Intervenant

    Premièrement, monsieur Boucard, nous avons en effet des leçons de morale à vous donner en la matière. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
    Deuxièmement, monsieur le ministre, je suis indigné et bouleversé par les propos que vous venez de tenir sur ces jeunes, qui vont au-delà de ceux de vos prédécesseurs. Ces images ont fait le tour du monde ; elles sont une tache de honte sur la République française ! (Plusieurs députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – Plusieurs députés du groupe EcoS applaudissent également.) Un policier a filmé des enfants en les humiliant et en les maltraitant. Un grand ministre de l’intérieur, monsieur, est capable de reconnaître les fautes. Il serait capable de s’excuser au nom de la République et de dire que la République protégera tous ses enfants, notamment dans les quartiers populaires.

  • Intervenant

    C’est une honte, monsieur le ministre !

  • Intervenant

    L’arrière-petit-fils de gendarme que je suis n’a pas de leçon à recevoir… (M. le président coupe le micro de l’orateur. – Les députés des groupes EcoS, LFI et SOC se lèvent et applaudissent ce dernier.)

  • Intervenant

    La parole est à Mme Justine Gruet.

  • Intervenant

    Nous sommes défavorables à cet amendement.

  • Intervenant

    La parole est à M. le ministre.

  • Intervenant

    Monsieur le député, comment pouvez-vous dire pareille chose ? Il n’y a qu’un juge de paix dans notre pays : la justice de notre pays. Sur l’affaire de Mantes-la-Jolie, je vous invite à regarder ce qu’ont été les décisions de justice. Je pense que ça vous clouera le bec. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR. – Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

  • Je mets aux voix l’amendement no 31.

  • (Il est procédé au scrutin.)

  • Voici le résultat du scrutin :
            Nombre de votants                        161
            Nombre de suffrages exprimés                160
            Majorité absolue                        81
                    Pour l’adoption                70
                    Contre                90

  • (L’amendement no 31 n’est pas adopté.)

  • Intervenant

    Oh ! Regardez un peu par ici, il y a une demande de rappel au règlement ! (Protestations sur les bancs des groupes DR et RN.)

  • Intervenant

    Qui a hurlé comme ça ?

  • Intervenant

    C’est moi, monsieur le président, pour vous signaler une demande de rappel au règlement.

  • Intervenant

    Je vois et j’entends très bien, et vous n’avez pas à m’interpeller comme ça !

  • Ordre du jour de la prochaine séance

  • Prochaine séance, demain, à neuf heures, sous réserve de la décision de la conférence des présidents :
    Discussion et vote de deux motions de censure déposées en application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution ;
    Suite de la discussion, en nouvelle lecture, du projet de loi de finances pour 2026.
    La séance est levée.

  • (La séance est levée à minuit.)

  • Le directeur des comptes rendus
    Serge Ezdra